Faubourg def : repérer un faubourg sur une carte ou un plan

Vous avez déjà remarqué ces noms de rues à Paris, comme « rue du Faubourg-Saint-Denis » ou « rue du Faubourg-Saint-Honoré » ? Le mot faubourg revient sans cesse sur les plans de ville, les cartes anciennes et même les documents d’urbanisme actuels. Comprendre sa définition permet de lire un plan autrement, en repérant des couches d’histoire urbaine que la plupart des passants ignorent.

Faubourg : un mot qui raconte la position sur la carte

Le terme faubourg vient de l’ancien français « fors borc », attesté au XIIe siècle. Il signifie littéralement « hors du bourg ». Un faubourg désigne la partie d’une ville qui déborde son enceinte, ses limites, ses fortifications.

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Sur un plan ancien, cela correspond à une zone bâtie située juste au-delà des portes de la ville. Les habitants s’installaient le long des routes qui partaient de ces portes, formant des rubans de maisons alignées.

Pourquoi ce détail compte-t-il quand on regarde une carte ? Parce que le faubourg se repère toujours par rapport à une ancienne limite. Si vous identifiez l’emplacement d’une enceinte disparue, vous identifiez du même coup l’origine des faubourgs qui l’entouraient.

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Repérer les faubourgs de Paris sur un plan grâce aux boulevards

Paris offre l’exemple le plus lisible. La ville a connu plusieurs enceintes successives au fil des siècles. L’enceinte de Charles V, puis celle de Louis XIII, ont chacune laissé des traces dans le tracé des rues.

Les grands boulevards actuels (de la Bastille à la Madeleine) suivent le tracé de l’enceinte de Louis XIII, démolie à partir du XVIIe siècle. Tout ce qui se trouvait au-delà de ces boulevards était un faubourg.

C’est pour cela que les rues changent de nom en franchissant cette ligne invisible. La rue Saint-Denis, à l’intérieur de l’ancienne enceinte, devient la rue du Faubourg-Saint-Denis une fois passée la porte. Le même schéma se répète pour Saint-Martin, Saint-Honoré, Saint-Antoine ou du Temple.

Jeune femme consultant un plan de ville pour identifier un faubourg dans un quartier historique

Sur un plan contemporain, vous pouvez donc appliquer une méthode simple :

  • Repérez la ligne des grands boulevards (boulevard Saint-Martin, boulevard du Temple, boulevard Beaumarchais, etc.) – elle correspond à l’ancienne enceinte
  • Cherchez les rues portant le préfixe « Faubourg » juste au-delà de cette ligne, côté nord et est
  • Observez que ces rues prolongent une rue du centre historique qui porte le même nom de saint, mais sans le mot « faubourg »

Ce repérage fonctionne aussi avec l’enceinte des Fermiers généraux, matérialisée par les boulevards extérieurs. Les portes de cette enceinte (porte Saint-Denis, porte Saint-Martin) marquent précisément la frontière entre ville et faubourg d’une époque antérieure.

Faubourg dans les plans d’urbanisme : un repère encore utilisé aujourd’hui

Le mot faubourg n’appartient pas qu’aux livres d’histoire. Les plans locaux d’urbanisme (PLU) de nombreuses communes françaises continuent à l’utiliser comme unité de repérage et de zonage. Un PLU peut distinguer le centre-bourg d’un faubourg en leur attribuant des règles de construction différentes (hauteur maximale, densité, implantation par rapport à la voirie).

Le faubourg reste un repère cartographique juridique autant qu’urbain. Quand un document d’urbanisme mentionne un secteur « faubourg », il désigne généralement une zone bâtie ancienne, située en périphérie du noyau historique, avec un tissu urbain plus lâche que le centre.

Depuis 2024, le portail national cartes.gouv.fr de l’IGN permet de superposer les fonds cadastraux et les limites communales. En zoomant sur une petite ville, vous pouvez repérer visuellement la différence entre le noyau dense (l’ancien bourg) et les extensions linéaires le long des routes (les anciens faubourgs), même quand le toponyme a disparu de l’usage courant.

Lire une carte ancienne : les indices visuels du faubourg

Sur les plans historiques, les faubourgs se distinguent par plusieurs caractéristiques graphiques. Savoir les reconnaître transforme la lecture d’une carte ancienne.

Le bâti des faubourgs suit la route, pas un quadrillage. À l’intérieur de l’enceinte, les rues forment un réseau plus ou moins dense. À l’extérieur, les constructions s’étirent le long d’un axe principal, souvent une route commerciale ou un chemin menant à une abbaye, une église ou une ville voisine.

L’échelle du plan aide aussi. Sur un plan de Paris du XVIIIe siècle, les faubourgs apparaissent comme des prolongements en doigts de gant, rayonnant depuis les portes de la ville. Entre ces doigts, des zones de jardins, de cultures ou de terrains vagues restent visibles.

Plan urbain épinglé au mur avec délimitations de faubourgs annotées à la main

Vous pouvez repérer trois indices sur une carte ancienne :

  • Une porte ou un passage nommé dans l’enceinte, qui donne souvent son nom au faubourg (porte Saint-Denis, porte Saint-Antoine)
  • Un axe routier rectiligne partant de cette porte, bordé de constructions de part et d’autre
  • Une densité bâtie qui diminue progressivement en s’éloignant de l’enceinte, jusqu’à se fondre dans la campagne

À Montréal, le même phénomène est documenté sur les cartes anciennes. L’ancien bourg de Ville-Marie possédait des fortifications, et les faubourgs se sont formés au-delà de ces limites dès le XVIIIe siècle. Les cartes anciennes de Montréal montrent des faubourgs nommés et délimités dès les années 1820.

Faubourg, quartier et banlieue : ne pas confondre sur un plan

Sur une carte moderne, le faubourg est souvent absorbé dans la ville. Il ne figure plus comme entité distincte, sauf dans les noms de rues. Le quartier, lui, est un découpage administratif ou d’usage qui peut recouvrir un ancien faubourg, ou non.

La banlieue commence là où le faubourg finit. Le faubourg touche physiquement l’enceinte, il en est le prolongement direct. La banlieue désigne un territoire plus éloigné, soumis à la juridiction de la ville mais situé au-delà de cette première couronne bâtie.

Sur un plan de Paris divisé en ses vingt quartiers au XVIIIe siècle (comme celui du cartographe Robert de Vaugondy), les faubourgs sont encore cartographiés comme des entités distinctes, chacun rattaché à la porte dont il tire son nom. Cette distinction a progressivement disparu au XIXe siècle, quand les faubourgs ont été intégrés dans la ville par les transformations urbaines et l’extension des limites communales.

Chercher le mot « faubourg » sur un plan reste le moyen le plus rapide de localiser une ancienne limite de ville. Que ce soit sur une carte IGN en ligne, un plan cadastral ou un document d’archive, ce toponyme fonctionne comme un marqueur géographique fiable, ancré dans la topographie depuis plusieurs siècles.

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